mardi 30 décembre 2025

Sa Source

Bois l’eau de ta citerne, l’eau qui sort de ton puits ! Que ta source soit bénie, fais ta joie de la femme de ta jeunesse, biche des amours, gazelle pleine de grâce ! Que ses seins te rassasient constamment, enivre-toi sans cesse de son amour ! Proverbes 5:15-19

Le silence à la table à manger de Vagner et Sabrina était plus bruyant que n’importe quelle dispute. Entre eux, il y avait un abîme de routine et de fatigue. Les conversations, autrefois pleines de rêves et de rires, se résumaient désormais à des rapports sur l’exécution des tâches quotidiennes.

Vagner, un ingénieur surchargé de travail, trouvait refuge dans les heures supplémentaires au bureau. Sabrina, qui avait mis sa carrière de designer entre parenthèses pour s’occuper de ses enfants, trouvait du réconfort dans les conversations de ses groupes de mères en ligne. Tous deux avaient soif, mais cherchaient de l’eau dans des sources lointaines. Leurs sources, autrefois limpides et bouillonnantes, devenaient troubles à cause de la négligence.

La crise silencieuse atteignit son apogée un vendredi soir. Vagner arriva tard, une fois de plus, et trouva Sabrina endormie sur le canapé, son téléphone portable tombé à ses côtés. Il la regarda. Il vit les lignes de fatigue sur son visage, la même femme dont il était tombé amoureux à l’université, avait perdu son éclat sous le poids du quotidien. Et il ressentit une pinte de culpabilité. Il n’était pas juste.

Le lendemain, il annula ses rendez-vous et fit quelque chose qu’il n’avait pas fait depuis des années. Il invita Sabrina à prendre un café, juste eux deux.

“J’ai l’impression que nous sommes en train de devenir des partenaires commerciaux, pas un couple”, avoua-t-il, la vulnérabilité dans sa voix les surprenant tous les deux. “Je suis fatigué, Sabrina. Mais j’ai surtout soif. Soif de ce que nous avions.”

Sabrina le regarda, et les barrières qu’elle avait construites dans son cœur commencèrent à s’effondrer. “Moi aussi, Vagner. Moi aussi.”

Ce jour-là, ils prirent une décision. Ils décidèrent de “boire l’eau de leur propre citerne”.

Ils commencèrent par de petits gestes. Vagner commença à quitter le travail à l’heure, refusant la culture de l’excès qui l’éloignait de chez lui. La première nuit où il arriva pour le dîner fut étrange, presque formelle. Mais ensuite, il commença à s’enquérir de sa journée, non pas de ses tâches, mais de ses sentiments.

Sabrina, quant à elle, s’efforça de voir Vagner non seulement comme le pourvoyeur, mais comme l’homme qu’elle aimait. Elle lui envoya un message au milieu de la journée, non pas avec une liste de courses, mais avec une ancienne photo d’eux, du début de leur relation, avec la légende : “Je me suis souvenu de nous.”

Ils déclarèrent une “zone sans écran” après neuf heures du soir. Au lieu de se perdre dans leurs propres mondes numériques, ils s’asseyaient sur le balcon. Au début, le silence était inconfortable. Mais ensuite, ils commencèrent à parler. De leurs peurs, de leurs rêves, des choses drôles que les enfants avaient faites. La source qui semblait sèche commença à jaillir à nouveau.

Le point de basculement fut subtil. Un soir, Vagner était frustré par un problème au travail. Son premier instinct fut de s’isoler, de ressasser sa colère. Au lieu de cela, il partagea avec Sabrina. Elle ne lui donna pas de solution technique, mais l’écouta avec une empathie qui apaisa son âme. Ses seins, son étreinte, étaient la source d’un réconfort qui le satisfaisait à chaque instant. Il se sentait attiré non seulement par son corps, mais par le refuge qu’elle représentait.

Leur amour n’était plus l’amour frénétique de la jeunesse, mais quelque chose de plus profond, de plus résilient. C’était un amour arrosé par le choix quotidien de se tourner l’un vers l’autre.

Quelques mois plus tard, un collègue de travail, fraîchement divorcé, se confia à Vagner.

“La passion est finie, mec. C’est devenu une routine. Je suis allé chercher à l’extérieur ce que je n’avais plus à la maison.”

Vagner regarda son ami avec une compassion née de l’expérience. Il pensa à quel point il avait été proche de ce même abîme.

“Le problème”, dit Vagner, avec une sagesse qu’il ne savait pas posséder, “c’est qu’on passe sa vie à chercher de nouvelles sources, exotiques. Et on ne se rend pas compte que la source la plus pure, celle qui étanche vraiment la soif, est celle qui est déjà dans notre cour. On a juste besoin d’en prendre soin.”

Ce soir-là, en rentrant chez lui, il trouva Sabrina en train de danser dans la cuisine avec les enfants. Elle lui sourit par-dessus l’épaule de ses enfants, et dans ce sourire, il vit la même femme de sa jeunesse. Et il se sentit l’homme le plus riche du monde, perpétuellement attiré par l’amour qu’il avait failli laisser se tarir.

(Fabriqué avec l'IA)

Ce conte fait partie de mon livre Sagesse Quotidienne

https://books2read.com/u/m2ADyk

Aucun commentaire:

Enregistrer un commentaire